Après des années d’attente, les entreprises commencent à se décider à adopter le SIP Trunking. Une entreprise utilisatrice témoigne. Elle recommande de passer presqu’un an à étudier, concevoir et négocier avant de réellement déployer le SIP trunking.

 Cela fait des années que l’on vante les mérites du SIP trunking, et il semble que les entreprises commencent réellement à adopter la technologie, attirés par les économies et de nouvelles fonctions de téléphonie.

Un sondage récent d’Infonetics Research a interrogé les entreprises Nord Américaines. 58% d’entre elles déclarent qu’en 2015, elles utiliseront quelques trunks SIP, et 55% d’entre elles utiliseront alors quelques lignes louées (trunks T-1), classiques. Ce sera un changement net par rapport à aujourd’hui, car actuellement, ces entreprises ne sont que 38% à utiliser du trunk SIP, et 71% à utiliser des lignes louées.

La meilleure raison d’adopter le SIP trunking, ce sont les économies. Selon les cas de figure, les experts parlent de réduction des coûts allant jusqu’à 50%. Parmi les autres bénéfices, on parle d’une meilleure visibilité des appels et de leur répartition, une gestion centralisée, la simplification des architectures (moins de boîtiers à utiliser) et moins de prestataires différents à gérer, surtout pour raccorder les réseaux d’agence.

Le SIP trunking consiste à connecter tout le trafic vocal de l’entreprise aux réseaux des opérateurs télécoms via une seule prise IP, plutôt que d’employer de multiples lignes et multiplexeurs, lignes qui sont souvent surdimensionnées par rapport aux appels réels, et qui aboutissent à faire payer plus de lignes que l’entreprise n’en a besoin la plupart du temps. SIP offre une meilleure flexibilité tant technique qu’économique.  De plus, en employant des appels SIP on peut faire passer les appels téléphoniques longue distance sur le réseau de données de l’entreprise, ce qui réduit d’autant plus les coûts.

Finish Line, un revendeur de chaussures de sport et un détaillant en vêtements qui dispose de 700 magasins aux Etats Unis, affirme avoir réalisé 2 millions de dollars d’économies sur 3 ans grâce au Trunk SIP, selon Derrick Mitchell, en charge de la téléphonie pour la firme.

Le coût entre les magasins est tombé à zéro

Les appels téléphoniques entre les magasins ont vu leur coût tomber à zéro en les faisant passer sur le réseau de données de la société.  Finish Line a également renégocié le coût des appels à son centre de contacts à la moitié de ce qu’ils étaient auparavant. D’autres économies ont encore été réalisées en retirant les lignes de téléphone classiques et le service de Centrex de chaque magasin.  Les économies seraient encore plus importantes si chaque agence avait son propre PBX. On les supprimerait et ils seraient remplacés par un routage centralisé des appels.

SIP simplifie les architectures et les connexions. Dans le cas de Finish Line, une ligne de 100 Mbit/s au siège social (à Indianapolis) remplace plusieurs lignes TDM classiques. Tous les appels internes passent par cette ligne et sont routés sur le réseau MPLS de l’entreprise.

Reste que migrer vers SIP présente un coût, avertit Derrick Mitchell. Et ce n’est pas si simple.  Il faut passer au moins 6 mois à étudier, planifier, concevoir et négocier la transition.

Il recommande quelques trucs et astuces :

    1/Aligner la fin de contrat des lignes traditionnelles avec les nouveaux contrats afin d’éviter de payer des coûts inutiles ou des pénalités
    2/Faire le tri dans les services réellement nécessaires afin d’éviter d’acquérir trop d’options chez le fournisseur
    3/S’assurer que les PBX existants sont compatibles avec la bonne version de SIP. Sinon une mise à niveau sera nécessaire
    4/Faire l’inventaire de toutes les lignes et les numéros de téléphone. C’est essentiel.
    5/Prévoir un lien redondant qui ait une entrée différente dans le bâtiment.S’assurer que le réseau de données ait la capacité suffisante pour acheminer le trafic voix de bonne qualité.
    6/Se former aux « Session Border Controllers », ce sont les équipements qui négocient les appels entre réseaux, et gèrent la sécurité.

Tous les opérateurs SIP ne se valent pas

De plus, tous les fournisseurs de Trunk SIP ne se valent pas. Il s’agit donc de les passer au banc d’essai lors du choix.  Aux États-Unis par exemple, Sprint propose une option appelée Event Trunking, qui permet d’acheminer plus d’appels SIP durant une certaine durée et qui revient ensuite au niveau précédent.

De même, cet opérateur propose une option de mobilité qui route les appels vers les mobiles si le Trunk SIP est en panne. Un autre opérateur XO, pour sa part, a certifié être interopérable avec plus de 30 plateformes de gestion des appels SIP.

L’idéal serait de réaliser des tests avec plusieurs fournisseurs. Ces derniers rechignent quand le contrat potentiel apparaît trop modeste, inférieur à 4000 terminaisons. Toutefois, même si un test comparatif n’est pas possible, les entreprises devraient tester un trunk SIP dans un environnement qui simule le réseau réel et son trafic, conseille Derrick Mitchell.

Enfin, le calendrier de déploiement doit être réaliste. Au départ, Finish Line avait prévu de basculer 20 magasins par jour, mais il est descendu à 10 car la transition était trop complexe. Chaque site était mis à jour en MPLS vers du T-1, de nouveaux commutateurs et routeurs, de nouveaux téléphones, et le tout sans interrompre les ventes dans les magasins.

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