Lors d’un point presse ce matin, le président de l’Arcep a clarifié des points polémiques. Chiffres d’affaires, emploi et investissements sont loin de ce qui a été dit après l’arrivée du 4e opérateur en janvier 2012.

J.-L. Silicani (Arcep) : « Les télécoms ne sont pas le secteur sinistré et dévasté que l’on présente »Pour Jean-Ludovic Silicani, président de l’Arcep, c’est l’heure des mises au point. Lors d’une conférence de presse dans ses locaux parisiens, le président de l’Arcep a présenté un bilan très honorable de l’activité des télécoms en France.

Comme pour répondre aux critiques formulées ces derniers mois, il estime que cette activité est « loin du secteur sinistré et dévasté » que certains présentent. « Si l’économie française présentait les mêmes résultats, le pays se porterait mieux. » Pour l’ancien major de la promotion Voltaire de l’ENA, la même que celle de François Hollande, le message sans doute adressé aux locataires de Bercy.

Les chiffres communiqués ce matin dévoilent en effet une activité loin d’être désastreuse. Les revenus des opérateurs ont baissé de 2,3 % pour passer de 43 mds d’euros en 2011 à 42 mds en 2012. Cette baisse est inférieure à celle des années 2010/1011 qui approchait les 4,56 %. « En près de 15 ans [de 1997 à 2012, NDLR], le revenu des opérateurs s’est accru de 70 %, soit une moyenne de 4 % par an », précise le régulateur.

La France est dans la norme européenne

Quant à l’emploi, dont les études divergent fortement, l’Arcep constate que les effectifs se sont maintenus à 129 000 emplois, selon des premières estimations. L’Arcep précise toutefois qu’il s’agit des emplois directs des opérateurs. Les chiffres communiqués ne tiennent pas compte des emplois indirects qui sont « plus difficiles à estimer ». Parmi ces postes, Jean Ludovic Silicani a évoqué la suppression d’emplois dans les boutiques des opérateurs. « C’est leur choix d’externaliser ces services, pas de la faute du quatrième opérateur. »

Pour M. Silicani, les télécoms sont un secteur solide. Quant à ceux qui le qualifient de mature en sous-entendant qu’il a atteint son meilleur niveau, il réplique encore une fois : « C’est tout le contraire d’un secteur mature. Les télécoms sont en pleine croissance. » Et pour le prouver, il présente les chiffres des opérateurs historiques européens. Si les revenus domestiques de France Télécoms ont baissé de 4,9 % en 2012, ceux de Telefonica (Espagne) et Telecom Italia ont chuté de 13,2 % et 5,8 %. Le premier est Deutsche Telecom qui baisse de 2,1 %.

Quant aux investissements, ils sont en hausse de 3,5 % chez FT (3,7% chez Telecom Italia), mais baissent de 2,5 % chez Deutsche Telecom et de 18,3 % pour Telefonica.

« Malgré l’arrivée de Free Mobile, la situation en France reste dans la norme européenne », signale Jean-Ludovic Silicani.

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